PCR dans les emballages cosmétiques : comment gérer les variations de couleur, de finition et de qualité perçue

Trois pots cosmétiques en verre translucide avec couvercles blancs sur une surface en pierre de teinte neutre.

Lorsqu’une marque décide d’intégrer du PCR dans ses emballages, ce choix ne concerne pas uniquement l’origine du matériau. Il peut également avoir un impact sur des caractéristiques visibles telles que la couleur, la transparence ou la finition du packagi

Ces variations doivent être prises en compte dès les premières étapes du projet : elles font partie des particularités liées à l’utilisation d’une matière première dont l’origine et le processus de transformation diffèrent de ceux d’un matériau vierge.

Pour une marque, la question n’est donc pas seulement de savoir quelle proportion de PCR peut être intégrée, mais également quel résultat visuel et quelles performances fonctionnelles doivent être préservés.

Qu’est-ce que le PCR dans le packaging cosmétique ?

PCR est l’acronyme de « Post-Consumer Recycled », c’est-à-dire un matériau recyclé post-consommation. Il provient de produits ou d’emballages ayant déjà été utilisés par les consommateurs, puis collectés, triés et recyclés afin d’être réintroduits dans un nouveau cycle de production.

Dans le packaging cosmétique, la présence de PCR ne doit pas être confondue avec la recyclabilité de l’emballage. Intégrer de la matière recyclée est une chose ; garantir que l’ensemble de l’emballage puisse être correctement recyclé en fin de vie en est une autre.

Un emballage contenant du PCR intègre donc de la matière première recyclée. Sa recyclabilité en fin de vie dépend, quant à elle, de sa conception globale, de ses composants, des matériaux utilisés, de sa décoration et de la filière de recyclage à laquelle il est destiné.

Pourquoi un emballage contenant du PCR peut-il présenter un aspect différent ?

Le plastique vierge est fabriqué à partir d’une matière première offrant un degré élevé d’uniformité. Dans le cas d’un matériau recyclé, d’autres facteurs entrent en jeu : l’origine des déchets, leur tri, le procédé de recyclage ainsi que les caractéristiques des différents flux de matières utilisés. Ces éléments peuvent influencer la couleur de base du matériau et entraîner de légères variations visuelles.

Dans le cas du verre ou de plastiques tels que le PET, cet aspect est particulièrement important lorsqu’un projet nécessite des emballages transparents, des teintes très claires ou des couleurs de marque devant être reproduites avec une grande précision. Il peut également avoir une incidence sur le rendu final d’une décoration appliquée plus tard sur l’emballage.

Les difficultés liées à l’obtention d’une couleur homogène sur des résines recyclées sont suffisamment importantes pour que des technologies spécifiques aient été développées afin d’anticiper et de corriger la couleur lors de l’utilisation de PCR.

C’est pourquoi travailler avec du PCR dans les emballages cosmétiques implique de définir en amont le niveau de variation considéré comme acceptable.

Couleur, transparence et finition : quels critères une marque doit-elle prendre en compte ?

Toutes les caractéristiques visuelles ne réagissent pas de la même manière à l’intégration de matière recyclée.

Variable Ce qui peut varier Ce que la marque doit évaluer
Couleur Teinte de base et variations entre productions Tolérance chromatique
Transparence Clarté ou niveau d’opacité Niveau de transparence souhaité
Finition Aspect et régularité de la surface Rendu visuel attendu
Décoration Rendu des couleurs sur le support Compatibilité avec la sérigraphie, le laquage ou d’autres techniques
Production Variations entre lots Niveau de régularité acceptable
Perception Homogénéité visuelle Cohérence avec le positionnement de la marque

 

L’objectif ne devrait donc pas être d’exiger d’un matériau recyclé qu’il présente exactement le même rendu visuel qu’un matériau vierge, mais plutôt de déterminer le résultat réellement nécessaire au projet.

Le taux de PCR a également son importance

Le taux de PCR approprié dépend du type de matériau, du composant concerné, des performances requises, de la disponibilité de la matière première recyclée, de la compatibilité avec le produit ainsi que du résultat esthétique recherché.

Il existe des systèmes de certification spécifiques permettant de vérifier la teneur en matière recyclée. RecyClass, par exemple, propose un système de traçabilité permettant de vérifier le pourcentage de plastique recyclé intégré et d’apporter les justificatifs nécessaires aux déclarations relatives à cette teneur.

Pour les équipes achats et développement durable, cette documentation est aussi importante que l’échantillon physique lui-même.

Lorsque le matériau recyclé devient un élément de l’identité visuelle de la marque

Dans le secteur cosmétique, le packaging ne se limite pas à contenir une formule. Il contribue également à construire et à renforcer l’identité d’une marque. Une légère variation de couleur peut être sans importance pour un projet et déterminante pour un autre.

Une marque dont l’identité repose sur une gamme de blancs très homogène, des emballages transparents ou des couleurs de marque définies avec une grande précision aura des exigences différentes de celles d’une marque qui choisit d’intégrer volontairement certaines variations propres aux matériaux recyclés. L’intégration de PCR dans les emballages cosmétiques constitue donc également un choix de design.

Les équipes marketing, achats et développement produit devraient définir dès le début du projet les éléments qui ne peuvent faire l’objet d’aucun compromis et ceux pour lesquels une certaine flexibilité est possible.

Dans certains projets, il sera possible de préserver presque intégralement le langage visuel existant. Dans d’autres, adapter légèrement la finition ou la couleur pourra être une approche plus cohérente pour travailler avec le matériau, plutôt que de chercher à dissimuler totalement ses caractéristiques intrinsèques.

Un échantillon approuvé ne devrait pas être le seul critère d’acceptation

Un échantillon permet d’évaluer la couleur, le toucher, la transparence et la décoration. Cependant, l’approbation d’une unité ne permet pas à elle seule de définir le comportement attendu sur l’ensemble d’une production.

La question essentielle est donc la suivante : quelle plage de variation sera considérée comme acceptable lorsque l’emballage sera produit à l’échelle industrielle ? Ce critère doit être défini avant l’industrialisation.

Il convient également de vérifier le rendu de la décoration sur le matériau définitif, la compatibilité avec la formule ainsi que les performances fonctionnelles de l’ensemble du packaging. Dans le domaine de l’emballage, l’apparence ne constitue qu’une partie du processus de validation.

Que faut-il valider avant d’approuver un emballage contenant du PCR ?

Avant de valider une référence, une marque devrait au minimum définir les éléments suivants :

  • Pourcentage de PCR prévu.
  • Type de matériau recyclé utilisé.
  • Traçabilité et documentation relatives au contenu recyclé.
  • Couleur de base de l’emballage.
  • Plage acceptable de variation chromatique.
  • Niveau de transparence ou d’opacité requis.
  • Rendu de la décoration sur le matériau réel.
  • Compatibilité avec la formule.
  • Performances mécaniques et fonctionnelles.
  • Tolérances acceptables entre les différents lots de production.

La durabilité ne devrait pas introduire d’incertitude dans un projet. Au contraire : plus la matière première évolue, plus il est important de définir clairement ce que l’on attend d’elle.

PCR dans les emballages cosmétiques : gérer la variabilité fait également partie du processus de conception

Travailler avec du PCR ne consiste pas uniquement à déterminer si son intégration est techniquement possible. Il s’agit de décider quelle proportion incorporer, quelles performances préserver, quel résultat visuel accepter et comment valider que cet équilibre fonctionne dans des conditions réelles de production.

Lorsque ces critères sont définis dès le début du projet, la variabilité cesse d’être une surprise et devient une composante à part entière des spécifications du packaging.

Intégrer du PCR ne signifie donc pas renoncer à la qualité perçue. Cela implique de comprendre les caractéristiques du matériau, de définir les tolérances acceptables et de concevoir le packaging en conséquence.

La réussite du projet repose moins sur la recherche d’une uniformité absolue que sur la maîtrise de la variabilité.